L'anniversaire sur l'ile d'Elbe - SaintFrancois

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ANNIVERSAIRE SUR L'ÎLE D'ELBE


1. Un drôle d'anniversaire

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. La sonnette retentit. Sans attendre de réponse j'ouvre la porte et m'écrie : " Enzo, salut comment vas-tu ? Tu viens jouer à I DJAFE HOME PLAYER ! ? " Enzo me regarde surpris : " Quoi, tu n'es toujours pas habillé ! " Enzo est garçon sympathique, sensible mais susceptible. Il est très fidèle en amitié et il m'amuse beaucoup quand il fait des imitations. A peine avions-nous fermé la porte que la sonnette retentit à nouveau : c'était Georges et Hugo qui nous rejoignaient. Georges est drôle mais parfois il dépasse les limites et là il devient franchement lourd. Le tout c'est de savoir l'arrêter à temps. Quant à Hugo c'est aussi un bon camarade. Ce qui est bien c'est qu'il n'a peur de rien, enfin c'est ce qu'il veut nous faire croire ! Nous nous retrouvions tous face à l'écran pour jouer. Tout à coup mon petit frère arriva en trombe et nous fit tous sursauter : " Bon anniversaire, Ambroise ! " Le moment était mal choisi, pour une fois que j'avais tous mes copains réunis, voilà qu'il venait nous coller. Je le mis dehors, un peu brutalement selon mes amis, mais au moins nous étions tranquilles et pouvions reprendre notre partie, juste après que je me sois enfin habillé. Nous lançâmes la partie en cliquant sur " jouer " et voilà qu'une vague sortie de l'écran nous avala et nous déposa sur une plage inconnue.

2. L'arrivée sur l'île

Nous sommes inquiets. Nous nous regardons les uns les autres stupéfaits sans comprendre ce qui nous arrive et nous nous affolons. Je m'écrie : " Mais où sommes-nous ? Il ne marche pas mon ordinateur ! Hugo reprend : " Mais c'est vrai, il ne marche pas ton ordinateur ! " Enzo lève les yeux : " Hé ! Il y a quelqu'un là-bas ! Il est bizarrement habillé ! " Georges ajoute : " Attendez, soit nous sommes dans un studio de cinéma, soit … nous sommes dans de beaux draps ! "

3. La rencontre

Nous décidâmes de nous approcher de cet homme au loin. Je le reconnus : c'était Napoléon en personne ! L'empereur portant toujours sa médaille et son bicorne, était un homme trapu. Son nez était comme celui d'un aigle. Son regard était froid. Ses cheveux étaient bruns et gras. Il portait un pantalon blanc comme neige et des bottes noires comme du charbon. Ses joues étaient gonflées comme deux pommes rouges. Sa démarche était majestueuse, son allure imposait le respect et son attitude paraissait mystérieuse. En discutant avec lui on sentait qu'il était très intelligent. Il devait sûrement penser à des plans d'évasion ambitieux. Il tenait dans sa main droite une cuise de poulet encore chaude et fumante. Il la dévorait avec appétit. Il buvait de l'eau dans une timbale. Une fois le repas fini, on le voyait glisser sa main droite dans son gilet au niveau de son estomac et il restait là, immobile, à réfléchir, fixant l'horizon. Puis il se dressa devant nous, lui Napoléon 1er, nous toisant avec mépris. Sa condescendance ne m'étonnait guère. Je lui demandais : " Où sommes-nous ? ". Il me répondit : " Sur l'île d'Elbe, voyons ! Vous vous moquez de moi chenapan ! Et voyez comment vous êtes habillés ! On dirait des gens du théâtre ! " Je repris : " Mais nous ne sommes jamais venus, nous habitons avenue Victor Hugo. " Etonné Napoléon reprit : " L'avenue quoi ? " Hugo le coupa : " Peu importe ! " Enzo lança un regard noir à Hugo et je l'aurais fait aussi si je n'avais pas les yeux marrons ! Napoléon dit : " Ecartez-vous de mon chemin.

4. Stratégie pour une évasion

Nous obéîmes et Georges prit la parole pour nous exposer ses idées : " Si nous constituions une armée pour gagner la confiance de Napoléon ? " Chacun approuvait d'un signe de tête car il est vrai que l'idée de Georges était bonne. Hugo le questionna : " Avec quels hommes ? " Georges répondit sèchement : " Ceux du village, bien sûr ! " Je compris à ce ton de voix que Georges serait le meneur aujourd'hui. Je fus étonné par la simplicité de notre affaire et le triomphe que nous avons eu parmi les locaux quand nous leur avons dit qu'ils visiteraient la France s'ils s'alliaient à Napoléon. Il faut dire qu'Hugo que nous avions désigné pour être notre porte-parole, excellait. La seule difficulté que nous eûmes, fut de décider le marchand de jouets à nous donner toute sa marchandise contre la game-boy d'Enzo. Nous en avions besoin pour équiper les hommes d'armes qui fassent le plus vrai possible. Le soir tombant nous partîmes rejoindre l'Empereur. Une tentative d'évasion devenait impossible ce soir-là. Georges qui était le meilleur grimpeur monta sur la fenêtre de l'empereur et entra dans sa chambre au nez et à la barbe des gardes. Prudemment, nous faisions de même et l'y suivions.
De grands murs jaunes faisaient penser à un soleil couchant. Le plafond bleu ressemblait à un ciel de tempête et le parquet rappelait la terre. Les deux portes contrastaient par leur couleur grisâtre. Dans un coin se trouvait une petite cheminée où restaient quelques cendres de la veille. Napoléon ne désirait que les meubles nécessaires à la vie quotidienne. Un grand lit à baldaquin, un bureau empire imposant, une commode de même époque, deux armoires sombres, une modeste table de nuit, une simple chaise avec un petit coussin et un gros fauteuil bien moelleux. Quelques tableaux de guerre ornaient les murs. Au-dessus de sa table de nuit, un petit portrait de sa mère lui rappelait ses tendres souvenirs d'enfance. C'était une grande chambre où il faisait bon vivre. Tous ensemble, d'une seule voix, nous assurions Napoléon 1er de notre entier dévouement. Puis nous lui expliquions que nous avions une armée de locaux aussi puissante que tous les gardes réunis. Il semblait amusé et joyeux. Il s'avança à la fenêtre pour voir cette armée inattendue. Dans la pénombre il distinguait leur silhouette et les salua discrètement. Il respira le bon air marin sur le balcon en pierre sculptée, son âme de chef se ranimait. C'était convenu, dès le lendemain soir, une évasion serait tentée.

5. L'évasion

Nous passâmes notre journée à faire les préparatifs. Chacun bouillonnait d'idées. Enzo suggéra de faire comme dans le jeu I DJAFE HOME PLAYER ! Quant à moi, je suggérais de saouler les gardes pour qu'ils fassent moins attention à nous. Georges nous montra une petite cabane où des caisses de vin étaient entreposées. Nous prîmes les bouteilles et les offrîmes aux gardes à la santé du Prince de Portoferraio. Ils nous remercièrent joyeusement. Et dès la nuit tombée, l'armée était là, prête à défendre l'Aigle impérial dans son envol vers la liberté. Tout se passa comme prévu et nous ne rencontrâmes aucune difficulté, à croire que personne ne pensait qu'une évasion était envisageable. Et nous voilà dans l'immensité bleue de la mer. L'air frais me fouettait le visage : je me sentais plus libre que jamais.
6. La bataille />Mais, tout à coup, tout bonheur me quitta, je venais d'apercevoir quatre bateaux qui sortaient de la brume. Je reconnus que c'était des bateaux anglais à leurs drapeaux. Je me précipitais vers Napoléon pour mettre au point une stratégie. La voici : Pendant que nous avancions vers le plus petit des bateaux, les autres se resserraient autour de nous. Nous prîmes de la vitesse et nous bombardâmes le plus petit bateau. Puis nous foncions vers les deux autres embarcations. Comme nous l'avions imaginé, ils s'avancèrent vers nous chacun d'un côté la proue en avant. Tout à coup, Bonaparte donna l'ordre de s'arrêter, je compris alors pourquoi car les deux bateaux s'entrechoquèrent. Nous passâmes vite mais les anglais d'un des navires lancèrent un grappin et montèrent sur le nôtre. A ce moment je fus blessé à la côte droite. Un autre navire s'approcha et quand il vit les restes de leurs compagnons flottant à la surface, ils se rendirent. Nous nous emparâmes de leur embarcation avec l'équipage.

7. Le passager inattendu

Alors que nous passions au large d'une petite île, je regardais seul le coucher du soleil. Le bandeau à la côte droite se défaisait et je saignais beaucoup. Je demandais à ce qu'on me le resserre pour favoriser la coagulation. Le lendemain matin, alors que nous passions près d'une petite île, je vis dans ma lunette un homme seul qui regardait sa boussole. Hugo me fit remarquer que nous n'en avions pas et Enzo suggéra d'embarquer l'homme avec l'outil tant désiré. Georges en parla à Napoléon qui encouragea cette initiative. L'inconnu fut très heureux de cette invitation. Il était chauve, barbu et il lui manquait des dents. Il ne m'inspirait pas confiance. Grâce à la boussole nous savions désormais dans quelle direction aller. Tout à coup, le vigie cria : " Terre en vue, terre en vue ! " Le visage de l'Empereur s'éclaira : il reconnut sa terre natale. Toute l'équipe cria sa joie " Hourra ! " Tout à coup je sentais des mains froides et calleuses de resserrer autour de ma gorge. Hugo m'alerta d'une voix craintive que c'était l'homme que nous avions embarqué. Et pendant qu'il m'aidait à m'en débarrasser, Georges poussait un soldat dans l'eau.

8. L'escale corse

Une fois tous libérés, Napoléon nous fit visiter son village natal. On voyait que ces lieux le touchaient profondément. Le site bien que paraissant abandonné, grouillait de vie dans les maisons à l'ombre du soleil. Napoléon poussa une grille : il y avait là une villa ornementée avec un jardin d'où émanait l'odeur des oliviers. Il s'avança et entra dans le bâtiment. On entendit des cris de joie : le fils était de retour ! Il embrassa sa mère et nous la présenta. Elle était brune avec un chignon, et ses vêtements noirs lui donnaient un air strict. Après quelques sangliers fumés, nous nous reposions là. Aux premières lueurs du jour, Napoléon nous pressa de nous lever pour partir. Nous dévalâmes la montagne pour atteindre le port. Nous achetâmes des provisions en quantité pour notre voyage d'autant plus que l'équipage comptait désormais 700 hommes. Napoléon pensait qu'il nous faudrait au moins 6 jours pour atteindre Saint-Tropez. Il ventait fort, il s'agissait de bien manœuvrer pour sortir du port. La foule assemblée sur les quais ressentait à la fois de la tristesse de voir partir son aigle, mais aussi de la fierté de compter parmi eux un tel héros.

9. Retour en France

La traversée fut moins longue que prévue car le vent ne nous abandonna pas. Ces quelques jours nous permirent de finaliser nos projets pour la France et pour la restauration de l'Empire. En Corse certains racontaient que le roi de France avait eu de graves maladresses et que la grogne de la population commençait à se faire entendre. Il était grand temps que Napoléon revienne. En arrivant à Saint Tropez, les gens étaient déjà informés de l'évasion de l'Aigle. Nous fûmes tous accueillis chaleureusement. Les quelques opposants que nous aurions pu craindre n'hésitèrent pas à se rallier à nous en entendant les acclamations de la foule. Nous commençâmes donc notre remontée vers Paris à cheval en chantant la victoire. Toutes les garnisons royales retournaient leur veste et rejoignaient nos rangs, toutes sauf une qui nous attaqua. Il nous suffit de quelques heures pour mettre ces soldats à notre merci. A Paris, Louis XVIII avait fui avec les soldats de sa garde. La capitale s'offrait à Napoléon. Il reprit le pouvoir et remis de l'ordre dans le pays. Au moment où il nous décora de la légion d'honneur nous nous sentîmes revenir de nouveau chez nous face à l'écran en veille. Nous avions tous le cœur qui battait assez fort. Hugo sortit de sa poche son appareil photo : " Ne vous inquiétez pas les gars, j'ai gardé quelques souvenirs ! " Et oui, Hugo pendant tout notre périple, n'avait pas cessé de photographier et il ajouta : " Heureusement que nous sommes revenus car je n'avais plus de pellicule. " Enzo ajouta : " Va vite en chercher et on y retourne. D'accord les gars ? "

FIN


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